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Homéopathie : Luesinum

Homéopathie LuesinumCe biothérapique est un lysat de sérosités tréponémiques de chancres primitifs, préparé sans addition d'antiseptique, puis stérilisé par filtration. Il est prélevé avant tout traitement spécifique.

Action générale

Il fut introduit en 1880 dans la matière médicale, sous le nom de "Syphilinum", par Swan, un médecin homéopathe américain. Celui-ci effectua quelques expérimentations pathogénétiques avec une seule dose d'une très haute dilution préparée avec un appareil à fluxion continue.
Les symptômes sont banals.
La pathogénésie actuelle, au sens large, résulte uniquement de l'observation clinique. Elle se réfère aux effets thérapeutiques constatés à la suite de la prescription en hautes dilutions espacées de Luesinum sur des sujets syphilitiques ou présentant des manifestations pathologiques analogues, dans leurs aspects ou leurs localisations, à celles de la syphilis.
Compte tenu de ce qui précède, les cibles anatomo-pathologiques du médicament sont les mêmes que celles de la maladie syphilitique à ses différents stades :

PEAU ET MUQUEUSES :


- Lésions superficielles analogues à celles de la syphilis primaire et secondaire.
- Lésions profondes gommeuses ou ulcéreuses de la peau.

TISSUS LYMPHO-GANGLIONNAIRES :


- Adénopathies indurées.
- Splénomégalie.

APPAREIL CARDIO-VASCULAIRE :


- Aortite, coronarite ostiale.
- Sclérose vasculaire.

APPAREIL OSTEO-ARTICULAIRE :


- Douleurs osseuses très vives, superficielles ou profondes, à recrudescence nocturne, siégeant surtout sur le tibia, les côtes et le crâne.
- Périostite, ostéite destructrice.
- Lésions tertiaires affectant les os longs, les os du crâne et naso-palatins. L'atteinte des os longs se traduit par des douleurs osseuses térébrantes nocturnes, une déformation osseuse avec épaississement.
- Ostéo-arthrite ou synovite du genou.
- Arthralgies à recrudescence nocturne.
- Arthropathies indolores du tabès : genoux, rachis dorso-lombaire ou lombaire.

SYMPTOMES NEUROLOGIQUES :


- Tabès.
- Paralysie générale.
Il peut exister aussi des lésions oculaires : iritis, kératite interstitielle, liées à une syphilis congénitale chez l'enfant…ou diverses manifestations tissulaires ou viscérales.
Le polymorphisme extrême de cette maladie explique l'usage assez large de Luesinum par les homéopathes du siècle dernier. Il est intéressant d'étudier ses relations avec les médicaments homéopathiques utilisés autrefois pour traiter la syphilis : le mercure, l'iodure de potassium, …. Mais il est erroné de considérer Luesinum comme le nosode d'une diathèse, d'un mode réactionnel général, correspondant à des lésions d'ulcération et/ou de sclérose d'étiologies nombreuses, très différentes les unes des autres.

De tels dérapages conceptuels pouvaient s'expliquer à la fin du siècle dernier et au début du XXe, quand les syphiligraphes rattachaient systématiquement les 2/3 de la pathologie à la syphilis acquise ou héréditaire. Toutes les malformations, toutes des dysmorphies, la plupart de la psychopathologie et des processus de sclérose étaient rattachés à la syphilis.

Comment aujourd'hui pourrait-on soutenir cette thèse ? Ce serait admettre que l'ulcère gastro-duodénal (irritation, ulcération, sclérose), ou que la sénescence (cause universelle et systématique de sclérose), ont un quelconque rapport avec la syphilis.

Source : Homéopathie, thérapeutique & matière médicale, Boiron 1998

Utilisation(s) en homéopathie

Insomnie

15 CH 5 granules au coucher

Lorsque l'insomnie est considérée comme totale par le malade


Modalités

Aggravation

La nuit, du coucher au lever du soleil